mardi, 23 juin 2009

Question d'actualité sur l'emprunt Sarkozy

L'emprunt Sarkozy est un habillage pour masquer la dérive dramatique des finances publiques françaises. Au moment où l'Etat emprunte pour payer les intérêts de sa dette, il est temps d'arrêter les écrans de fumée et de parler un langage de vérité aux Français.


Compte rendu de la séance des questions d'actualité du mardi 23 juin

 

 

M. le président. La parole est à M. Pierre-Alain Muet, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

M. Pierre-Alain Muet. Monsieur le président, mes chers collègues, ma question s’adresse à Mme la ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, qui considérait, répondant à Didier Migaud, qu’il n’y avait pas lieu de s’affoler à propos de la dette, et, répondant à la question suivante, que tout euro public devait être dépensé à bon escient – ce que, sans doute, nul ne contestera. Mais êtes-vous bien sûre, madame Lagarde, que votre politique a appliqué ce principe ? La dette ne devrait-elle pas, au contraire, vous inquiéter pour de bon ? Tous, nous appliquons dans nos communes, dans nos collectivités, le principe qui commande de ne financer par l’emprunt, par le déficit, que des investissements. Est-ce vraiment ce que vous avez fait dans le passé ?

M. Lionnel Luca. Et vous ?

M. Pierre-Alain Muet. Il n’y a qu’en 2000 et en 2001 que le déficit public a financé les investissements d’avenir – c’est-à-dire l’investissement public et les dépenses de recherche et développement. Depuis 2002, son explosion n’a financé que des dépenses courantes et des allégements d’impôts, et encore ces allégements étaient-ils destinés aux plus riches, comme dans le cas du bouclier fiscal. (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR. – Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

Le déficit atteint aujourd’hui 150 milliards d’euros. Chaque jour ouvrable, l’État emprunte un demi-milliard pour boucler ses fins de mois ou pour faire des cadeaux fiscaux, à crédit, qui seront payés par les générations futures.

Plusieurs députés du groupe de l’Union pour un mouvement populaire. Et les 35 heures ?

M. Pierre-Alain Muet. Pis encore, l’État emprunte même, depuis 2008, pour payer les intérêts de sa dette.

L’emprunt Sarkozy – tel sera peut-être son nom – n’est qu’un habillage destiné à dissimuler la dérive dramatique de nos finances publiques. Quand allez-vous en finir avec les écrans de fumée et parler un langage de vérité aux Français ? (Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et GDR. – Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

Commentaires

On lit partout que ces emprunts sont coûteux pour le budget (le pompon avait été atteint par l'emprunt Giscard indexé sur l'or : pour 7,5 milliards de francs emprunté pour 15 ans, l'Etat dut rembourser (en intérêts et capital) plus de 90 milliards de francs.(source Wikipedia).
Aujourd'hui comme le rappelle PAM, l'Etat emprunte en permanence à court terme sur les marchés financier à un taux si faible qu'il ne saurait intéresser l'épargnant moyen.
Il y a déjà un problème de taux.
Il faudra donc lui bricoler un produit attractif à long terme.
Il y a un second problème car toute solution de défiscalisation sera rejetée - j'ose le croire - en commission des Finances ... au moins au Sénat (Jean Arthuis l'a déclaré hier sur la plateau de Public-Sénat !)
Et puis sinon, il y aura un problème de concurrence car le succès du livret A et son déploiement dans toutes les Banques s'est négocié avec l'assurance que Bercy ne lance pas un produit concurrent six mois après. Soit les banques en croquent, soit elles crient à l'arnaque.

Je ne suis pas financier mais cela vaudrait le coût de feuilleter un peu les fameux "produits dérivés" avant de brûler les cartons pour voir si on ne pourrait pas bricoler un "emprunt vert" indexé en quelque sorte sur cette taxe carbone dont le produit irait au début justement rémunérer les épargnants qui auront financé son déploiement !

Ecrit par : jbdivry | mardi, 23 juin 2009

ai écouté attentivement votre intervention à l'assemblée hier, je trouve bon que la gauche s'oppose sur ces questions, le Président de la République a encore une fois fait de la communication, et les problèmes des classes populaires il ne s'en préoccupe pas.
Pourtant il y a beaucoup de gens, qui même avec un travail, ont des difficultés à terminer le mois et puis tous ces chomeurs. Il est bon que l'opposition s'en préoccupe. et ce n'est pas la droite qui va résoudre leur problème, bien trop occupée à satisfaire les gens les plus aisés. Si l'état dépensait moins en frais de représentation de tout genre cela serait positif. La crise internationale a bon dos, mais la gestion économique trop libérale du gouvernement aggrave les situations précaires.

Ecrit par : marion | mercredi, 24 juin 2009

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