samedi, 30 mai 2009

Rives de Saône : Un projet emblématique

Quais de saône.jpgVisite avec Dominique Bolliet maire du 4ème arrondissement des berges de la Saône le long du quai Gillet (ici avec Madame et Monsieur Legrand du CIL Serin, quai Gillet). Vous trouverez dans la suite de cette note, mon intervention le 6 avril à la Communauté Urbaine sur un projet qui marque une vraie renaissance du rapport de la ville à la rivière qui a façonnée son histoire :

« L’urbanisme des années soixante avait conduit à éloigner les Lyonnais des rives de nos fleuves abandonnées aux  voitures, à la circulation et aux parkings. Ce projet va permettre de les retrouver. C’est un projet sans précédent par son ampleur et par sa diversité. Si les berges du Rhône étaient un projet unifié, Rives de Saône est un chapelet  de projets différents fédérés autourd’un cheminement le long du fleuve.

A la différence du Rhône qui a longtemps été une frontière, la Saône est au cœur de notre agglomération. C’est sur ses rives que la ville est née, c’est sur ses rives qu’elle s’est développée, ce qui explique l’extraordinaire diversité de son patrimoine architectural. Cette rivière lente et sinueuse possède une formidable variété de paysages naturels que l’urbanisation de l’ère industrielle a souvent dégradée et que ce projet va faire renaître…


Je voudrais saluer l’audace de certaines décisions. Quand, pour le parking Saint Antoine, il est apparu que le projet initial de créer une esplanade gazonnée sur la dalle du parking n’était pas compatible avec des plantations ou avec des manifestations, vous n’avez pas hésité, monsieur le président, à choisir la solution radicale de la construction d’un nouveau parc de stationnement.

Que les dalles des parkings des quais du Rhône ne soient pas plus robustes est sans doute un coût supplémentaire pour la génération présente mais c’est incontestablement une chance pour les générations futures car, grâce à cette décision de déplacer le parking, nos concitoyens pourront, dans quelques années, retrouver les plages sur lesquelles leurs grands-parents allaient flâner ou jouer aux boules. Le béton laissera place à un espace public majeur et, en face, côté Saint Jean, une opération comparable dans le prochain mandat donnera à la Saône sa vraie place dans ce quartier historique.

Ce projet s’articule avec d’autres grands projets. C’est le cas naturellement du Confluent mais cela est vrai également pour les quais Gillet et Jaÿr, où la reconquête des rives accompagne les deux grands projets que sont la construction du pont Schuman et le creusement du deuxième tube du tunnel de la Croix-Rousse. Du côté quai Gillet, c’est le lancement d’une rénovation fondamentale d’un quartier qui n’a connu pratiquement aucune requalification depuis la création du tunnel de la Croix-Rousse, il y a près de soixante ans. Côté neuvième arrondissement, ce projet marquera l’aboutissement de la rénovation du quartier de l’Industrie avec, dans le prochain mandat, une promenade entre l’île Barbe et le pont Schuman.

Je voudrais également saluer le choix qui a consisté à aborder d’emblée l’ensemble du projet en décomposant sa réalisation non pas en tronçons mais en mosaïque de projets répartis sur l’ensemble des communes et des territoires. Cela a conduit à un projet fédérateur qui met en valeur aussi bien des espaces naturels comme l’île Roy, des espaces de loisirs comme la promenade des guinguettes à Rochetaillée sur Saône, la promenade de Fontaines sur Saône ou les marches de Neuville sur Saône ou encore des espaces urbains en bordure de rivière au centre de Lyon.

Ce choix de décentraliser la réalisation du projet dans le temps et dans l’espace est essentiel. A rebours des grands projets urbains d’un seul bloc des années 60, toute l’histoire montre au contraire qu’une ville ne se construit durablement que lentement, en harmonie avec l’usage progressif des lieux. Habituer nos concitoyens à s’approprier les lieux permet d’adapter la réalisation concrète des projets à leur usage. De ce point de vue, le fait que, dès le début, la continuité du cheminement soit réalisée, avec des estacades dans les passages difficiles à aménager ou avec des promenades transitoires en encorbellement au-dessus du parking Saint Antoine, est essentiel parce que ce cheminement est le fil directeur du projet. De même, la réalisation de la piste cyclable qui reliera Vaise à Genay s’ouvrira, à terme, sur les parcours cyclables du département de l’Ain.

Une exposition récente se terminait par la question : "Le XXIème siècle verra-t-il la renaissance de la Saône à Lyon ?" Oui, ce projet mérite ce terme de "renaissance" car il marque une rupture forte dans le rapport de notre agglomération à ses fleuves. Après avoir renoué avec le Rhône dans le mandat précédent, notre agglomération renoue avec la rivière qui a façonné son histoire.

Commentaires

le projet des rives de la Saône peut paraître séduisant à première vue; son ampleur démesurée le rend cependant inepte: une bonne décennie de travaux non-stop, qui avant de redonner du lustre aux berges vont d'abord et surtout complètement les défigurer et empoisonner la vie des Lyonnais et mettre en danger l'existence des commercants. Non, Mr Collomb, un engazonnement des dalles de parkings St Antoine et St Jean aurait été préférable: le gazon n'est pas lourd (l'argument des dalles trop peu résistantes pour une plantation ne tient pas car on n'est pas obligé de planter des arbres partout ni de transformer la moindre parcelle en champ de foire qui n'attire que des nuisances et détruit la qualité de vie des riverains).Une estacade, elle plantée d'arbres, devant les murs en béton des parkings côté fleuve, aurait permis à la fois de réaliser une promenade au fil de l'eau et de masquer la laideur des parkings. Mais ce n'est pas avec ce genre de mesures rapides et raisonnables qu'un maire s'assure à titre posthume le nom d'une avenue, n'est-ce-pas? Cette obsession du tout-promenade en ville tourne à la farce go-go: une ville doit vivre, apporter des emplois, des prestations urbaines et doit aussi en assumer et accepter les inconvénients. Tous les quais d'une ville comme Lyon ne sauraient se transformer en aimable promenade. Mon épouse et moi nous installerons à Lyon d'ici à la fin de l'année et je suis aterré de prendre connaissance de tous les projets de Mr Collomb, certains déjà entamés comme l'arrachage des arbres de Bellecour ( au motif que d'ici à quelques années ils AURAIENT ((conditionnel!!!!)) pu devenir malade. On hallucine!).Le résultat est effarant et d'une indicible tristesse. Je compte bien dès mon arrivée en ville être le plus actif possible, démontrer aux Lyonnais qu'il existe des alternatives raisonnables sans transformer tout le coeur de la ville en chantier d'Apocalypse pour plus d'une décennie et tout mettre en oeuvre pour faire capoter les projets d'un maire complètement coupé des réalités et véritables préoccupations des habitants. Apparemment Mr Collomb travaille davantage à sa propre gloire qu'au bien-être de ses administrés. Rodolphe Vaisman à Düsseldorf

Ecrit par : Rodolphe Vaisman | dimanche, 04 octobre 2009

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