jeudi, 16 octobre 2008
Débat avec Gérard Longuet sur la crise financière
L’émission de la chaîne Public Sénat « il y a de l’éco » du mercredi 15 octobre était consacrée à la crise financière et au plan européen. Vous pouvez voir ce débat:
Vous trouverez également dans la suite de cette note mon interview publiée dans le progrès du mercredi 15 octobre sur le même sujet.
interview de Pierre-Alain Muet dans Le Progrès du 15 octobre :
>>L’Europe est-elle à la hauteur de la crise ?
L’Europe monétaire, oui. On peut remercier ceux qui, comme François
Mitterrand et Jacques Delors, il y a près de vingt ans, ont lancé l’Union
monétaire. Il lui manque cependant une composante, la capacité pour la
Banque centrale de superviser les banques. La BCE peut jouer le rôle de
pompier, elle devrait aussi être le gendarme, le régulateur.
Quant à l’Europe politique, elle a toujours eu du mal à être à la hauteur, puisque elle n’existe pas vraiment. Le pouvoir budgétaire restant au niveau de chaque pays, la seule réponse collective possible est la coordination de l’action des Etats qui n’est jamais facile.
>> L’Europe a-t-elle réussi cette coordination ?
Jusqu’à la réunion de l’Euro-groupe ce week-end, ce n’était pas le cas ! L’exemple étant la surenchère des pays sur la garantie des dépôts des épargnants, en espérant attirer l’argent des voisins. L’Europe est mal armée pour répondre à une crise, elle n’a pas un gouvernement économique qui pourrait s’opposer aux égoïsmes nationaux.
La réunion des présidents de l’Euro-groupe marque en revanche un tournant. Il aura fallu une crise financière d’une ampleur sans précédent pour qu’émerge enfin une gouvernance économique de l’Europe. Le plan fixant les instruments à mettre en oeuvre, puis leur traduction dans chacun des Etats le lendemain, a apporté une incontestable crédibilité à la réponse européenne.
>> Et comment jugez-vous l’action du président de l’Union, Nicolas Sarkozy ?
La première phase, la semaine dernière était pour le moins brouillonne. Il annonce la création d’un fonds européen avant toute concertation, il réunit les 4 pays européens membres du G7 pour s’apercevoir finalement que ce n’était pas
faisable... Ces grandes déclarations qui ne débouchent sur rien n’ont aucun effet sur les marchés financiers et aggravent l’inquiétude de nos concitoyens.
En revanche, la réunion de l’Euro-groupe le week-end dernier a été la bonne initiative. Mais on ne peut pas se contenter de lutter contre l’incendie financier mondial et ne rien faire en France face à une récession qui est déjà là.
Recueilli par Francis Brochet
10:31 Publié dans Articles et interviews | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : crise financière


Commentaires
Bonne émission,
Excellente profession de foi sociale-démocrate (tu as encore oublié le développement durable).
La question que je me pose suite au Conseil des 27 :
Il y a une opportunité de Conférence Mondiale et peut-être d'un Plan de relance européen mais Nicolas Sarkozy est trop gourmand ...
"Les européens veulent Une Conférence Mondiale avant la fin de l'année ..."
C'est surtout lui, qui le veut avant la fin de sa Présidence française, alors que le nouveau Président Américain n'aura prêté serment que le 4 janvier.
Il va nous expliquer qu'il vaut mieux négocier avec un Président sortant banni, pour lui extorquer un accord historique actant la fin de la pré-éminence économique américaine en échange de son nom dans les manuels d'histoire.
Pareil pour un éventuel plan de relance européen ou le droit donné, provisoirement, aux membre de déraper un peu.
Un tel plan ne peut exister qu'à la condition que la France continue à faire preuve de sa bonne foi dans ses promesses de réduction des déficits pour 2010 (2012?)
C'est pour cela que Woert n'a pas modifié son budget 2009 et que le gouvernement annonce la poursuite des réformes (tout en préparant déjà un programme d'emplois aidés, d'augmenation des minimums sociaux ... secret de polichinel)
Le problème c'est aucun de nos partenaire ne croit à notre politique économique nationale ni à nos promesses.
La France devra donc rester pas en retrait mais dans l'ombre de cette naissance de la future Politique Economique Européenne Commune.
Il va donc falloir choisir entre les bénéfices économiques et les bénéfices politiques, ce que Delors savait faire. Nicolas Sarkozy est trop gourmand !
Ecrit par : jbdivry | jeudi, 16 octobre 2008
De notre côté, pour les socialistes, il n'est pas sûr qu'il nous reste beaucoup de bénéfices politiques si son projet capote et que l'Europe se trouve sous présidence tchèque.
position de repli : Il faut jouer la carte du membre unique de l'Euro au sein du FMI, et donner à DSK le challenge d'organiser le futur Breton-Woods courant 2009.
Ecrit par : jbdivry | jeudi, 16 octobre 2008
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