samedi, 10 novembre 2007

Refonder le clivage gauche-droite

182ed232a1ca532749bfe4299d8b2113.pngDepuis 5 ans la droite dispose de tous les leviers du pouvoir : présidence de la république majorité parlementaire dans les 2 chambres, conseil constitutionnel, CSA… Pendant toute cette période, alors que l’économie mondiale a connu la plus forte et la plus longue phase d’expansion des 25 dernières années, la croissance française a été à la traîne, les inégalités se sont creusées, notre pays n’a pratiquement pas créé d’emploi, sa compétitivité s’est fortement dégradée et les déficits extérieurs et publics se sont accumulés. Pour être reconduite, la droite a écarté son passif et rejeté sa propre action en promettant une rupture.

Pourtant à peine élue elle a mis en oeuvre la politique la plus traditionnelle, la plus conservatrice. Celle que les idéologues des révolutions conservatrices des années 80 appelaient avec cynisme « l’économie du ruissellement » en prétendant que la meilleure façon de favoriser la croissance et d’aider les pauvres c’était de donner de l’argent aux riches. On sait ce qu’il en advint : ces politiques ont creusé profondément les inégalités. Si nous, la gauche, avons été aussi peu audibles dans les dernières campagnes électorales de 2002 et de 2007, c’est parce que nous n’avons pas su incarner le changement. Nous avons parlé du devoir d’inventaire en 1995, mais nous n’avons pas suffisamment appliqué ce devoir d’inventaire après notre échec de 2002. Nous n’avons pas su, non plus, nous projeter suffisamment dans l’avenir avec un projet qui définisse ce qu’est le socialisme aujourd’hui et ce que nous proposons pour les 15 ou 20 prochaines années. Nous  avons construit un projet tous les 5 ans, qui ressemblait plus à un programme de législature qu’à un véritable projet.

C’est ce travail que nous devons conduire aujourd’hui. J’entends pour ma part y apporter ma pierre. Je l’ai fait à l’université d’été de La Rochelle en introduisant le débat sur le thème « le socialisme et le marché » (texte ci-joint publié dans la Revue socialiste), puis en participant aux réunions de la commission de rénovation du PS consacrée à ce thème. Enfin avec Gaëtan Gorce, Manuel Valls, Marisol Touraine, Patrick Bloche, Laurent Baumel, nous avons lancé une série d’initiatives pour que la gauche et le PS donne priorité au débat d’idées sur les conflits de personnes. Tel était l’objet de la journée de débat du 10 novembre à l’Assemblée Nationale sur le thème : Refonder le clivage gauche droite, où j’animais la table ronde consacrée à l’entreprise.PAM-Socialisme et marché.pdf

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